Carolina Laureti
Carolina Laureti
Je suis à Bruxelles pour faire un master en microfinance à l'ULB. Bientôt je vais aller faire un stage en Inde, dans une entreprise de microcrédit...
C'est un secteur pleine évolution : dans le temps le microcrédit était clairement une activité sociale financée par des fondations. Comme il dégage une rentabilité, des investisseurs privés s'y sont intéressés, ce qui a permis de réunir plus de fonds pour le microcrédit. On constate que les entreprises de microcrédit les plus rentables ne ciblent pas les plus pauvres.
Dans ce domaine, un indicateur de pauvreté est le montant du prêt : en moyenne, ceux qui empruntent 50 $ sont plus pauvres que ceux qui empruntent 5000 $. Evidemment, ces derniers sont plus rentables. Dès lors, on peut s'inquiéter de voir le microcrédit entrer aujourd'hui dans une logique purement capitaliste.
C'est vrai qu'il y a une tension entre l'objectif social et celui de la rentabilité. Mais c'est intéressant que l'offre se diversifie, ainsi tout le monde peut trouver du crédit : des plus pauvres aux moins pauvres qui ont quand même des difficultés pour obtenir un prêt dans une banque. Ainsi par exemple, en Belgique, un microcrédit est un prêt de moins de 25000 €. Ca peut paraître beaucoup à l'échelle des pays du Sud, mais la réalité est autre et dans le contexte belge, le microcrédit est très utile aussi !
Bientôt je vais aller faire un stage en Inde, dans une entreprise de microcrédit, pour étudier cette tension entre les mécanismes du marché et l'action sociale. Je vous raconterai mes impressions !
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