Historique du Réseau Financement Alternatif
Les années 70
Devant l’inadaptation du secteur bancaire au financement du monde associatif belge, naissent des initiatives d’épargne et de prêt de proximité (géographique ou d’esprit). Celles-ci ont pour trait commun de réintroduire la dimension humaine dans le choix économique et de construire un nouveau rapport à l’argent, aussi bien pour les épargnants (qui mettent leur argent à la disposition de projets alternatifs, sans obtenir nécessairement une contrepartie financière) que pour les associations (qui bénéficient de prêts sans intérêt ou à intérêt réduit). Rassemblant familles et amis, l’argent ainsi récolté est géré en commun et les décisions de crédits prises en assemblée générale. Le crédit alternatif était né au sein d’ASBL telles que Le Pivot, La Bouée…).
Dans le courant des années 80
À la demande des communautés chrétiennes d’Afrique du Sud, l’action « Banque-Apartheid » interpelle les principales banques qui investissent dans ce pays et confortent de la sorte le régime de l’apartheid. C’est le départ d’une réflexion sur l’usage de l’épargne et sur des alternatives concrètes. Dès 1984, « Justice et Paix » et « Vivre ensemble » créent la coopérative Crédal (crédit alternatif). En y plaçant leur argent, les coopérateurs choisissent un rendement moral, social et non financier (les intérêts sont nuls ou faibles). Crédal soutient exclusivement, par des prêts à taux très modérés, des initiatives luttant contre l’exclusion sociale (avec priorité à l’emploi) et participant à une société plus solidaire. L’engagement de l’épargnant est avant tout social.
L’épargne éthique et solidaire, qui soutient des projets associatifs grâce à la redistribution d’une partie des bénéfices réalisés sur le produit, commence à pénétrer dans le milieu bancaire, sous la pression des milieux associatifs, bien décidés à faire progresser leur idéal éthique et à le professionnaliser. En 1984, en Région flamande, le Netwerk Zelfhulp Vlaanderen (devenu Netwerk Vlaanderen) lance, en collaboration avec la banque CGER (Caisse générale d'épargne et de retraite), le Krekelsparen (l'épargne Cigale).
Le 9 septembre 1987, Crédal, De bouche à oreille, Les Écus baladeurs, le Mouvement international de la réconciliation, Le Pivot, Solidarité des alternatives wallonnes et l’Université de paix créent le Réseau Financement Alternatif qui lance aussitôt l'épargne Cigale avec la CGER sur le modèle flamand Krekelsparen. Il s'agit d'un compte d'épargne classique qui offre, au-delà du même rendement financier que le compte classique, un bonus. Celui-ci est versé au Réseau Financement Alternatif pour financer des projets soutenus par les associations conventionnées au Réseau. Ainsi, ce financement alternatif a réellement permis aux premières associations membres du Réseau de développer des activités et des projets importants en dehors de tout subside. L’épargne Cigale recevra les deuxième et troisième prix Roger Vanthournout (LIEN) en 1994, prix organisé alors pour la deuxième année, en vue de récompenser des initiatives innovantes dans le domaine de l'économie sociale. Depuis 2000, le Réseau Financement Alternatif participe, du reste, au comité organisateur de ce prix.
La raison d'être du Réseau était jusqu'alors d'apporter des fonds alternatifs à ses membres. Désormais, il orientera également ses activités vers la recherche et la promotion de la finance éthique.
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