Il n’a pas fallu 30 ans à la société de marché pour imposer ses règles du jeu. Y compris à nos élus politiques. Aujourd'hui, ceux-ci tirent la sonnette d'alarme et appelent la société civile à se faire entendre.
Dans toutes les civilisations, les
mouvements citoyens ont permis au peuple d’obtenir des réformes de société. Ces mouvements répondent aux besoins que l’État ne parvient à satisfaire. Ils sont donc inévitablement liés aux préoccupations politiques du moment.
Repenser le système financier est, sinon la première, une des principales préoccupations politiques du moment. En Belgique, mais aussi dans le monde. D’un côté, l’industrie financière s’obstine à vouloir faire du capitalisme un modèle d’épanouissement.
À Bruxelles, le quartier européen rivalise désormais avec Washington D.C. pour le titre de
capitale mondiale du lobby.Tous les jours, les ambassadeurs de l’industrie financière y pressent nos représentants politiques comme des citrons. De l’autre côté, face à cette machinerie lourde, la société civile fait preuve d’imagination. Des alternatives se multiplient et réussissent. Un mouvement à amplifier d'urgence afin de rétablir l'équilibre.
Interview de Natacha Cingotti, chargée de commnication pour Friends of the Earth Europe et collaboratrice pour la coalition ALTER-EU (Alliance pour la transparence et l'éthique des pratique).
Interview de Florence Ranson, chargée de communication pour la Fédération Bancaire Européenne (EBF).
Finance : l'éthique et la solidarité en prime
La crise financière qui a éclaté l’année dernière a au moins eu un mérite : celui de mettre à bas le mythe d’une finance désincarnée, qui semblait flotter, indifférente à la pesanteur, se moquant de l’activité des hommes et de leurs préoccupations. On affirmait même, sans rire, que cette finance créait de la richesse par elle-même. Une sorte de pierre philosophale des temps modernes ! La réalité est évidemment différente et l’éclatement de la bulle financière en a fourni une éclatante démonstration.
Le lobbying des uns doit en effet être contrebalancé par celui des autres. En matière environnementale et de santé publique, en face des industriels, les organisations non gouvernementales (ONG) ont développé une véritable contre-expertise. Il en est de même en matière sociale entre les organisations patronales et syndicales. Cette confrontation permet aux élus d'entendre des arguments contradictoires. En matière financière, ce n'est pas le cas. Ni les syndicats de salariés, ni les ONG n'ont développé d'expertise capable de rivaliser avec celle des banques.
La banque Palmas ou quand les démunis décident de leur destin
Fortelza, dans le nord-est du Brésil. La favela Palmeiras a été l'objet d'un mouvement de revendications citoyennes aboutissant à la création d'une banque en vue de soutenir l'économie de quartier et de créer des emplois. Le Conjunto Palmeiras a inventé un nouveau modèle de développement qui réconcilie efficacité des synergies locales, ressources de l’économie mondialisée et éthique solidaire...
Consultez la version française du site de la banque Palmas